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CINÉ-DÉBAT POUR LA JOURNÉE DE L’INFORMATION SUR L’IVG

QUAND JE VEUX, SI JE VEUX !

De Susana Arbizu, Henri Belin
Documentaire – Français – 1h13

En France, une femme sur trois avorte au cours de sa vie. Une dizaine d’entre elles témoignent face caméra dans des jardins publics. Elles n’ont aucun point commun sinon d’avoir vécu l’expérience de l’avortement après le vote de la loi autorisant l’IVG, en France, en 1975, et d’assumer leur choix. Aujourd’hui, chacune à sa façon, elles racontent avec leurs mots et leurs différences cette expérience commune. Ces récits singuliers dessinent les contours d’une réalité intime incarnant ce que disposer de son corps veut dire, ici et maintenant. Dans la lignée de celles qui se sont battues pour l’obtention du droit d’avorter, Lola, Magali, Sigrid…posent des mots pour elles et pour les autres. Une parole indispensable pour continuer à défendre ce droit sans cesse menacé

Rencontre avec Myriam Borel : les conditions organisationnelles de la prise en charge de l’IVG en Bourgogne.

»» à Luzy – Cinéma Le Vox : Samedi 28 septembre – 18h
»» Organisé avec le planning familial 71 / Présentation et discussion animée par Myriam Borel, doctorante en sociologie.

De l’offre due aux départs en retraite des professionnels ou aux fermetures
d’établissements de santé pratiquant des IVG. La concentration de l’offre de soins sur les structures les plus importantes est source de grandes disparités régionales. La saturation conjoncturelle des services (pendant les congés d’été, par exemple) a encore pour conséquence l’allongement des délais de réponse aux demandes d’IVG, en particulier pour celles après 10 semaines d’aménorrhée (souvent, pour des
femmes en situation de précarité) ; les patientes sont alors réorientées vers d’autres structures parfois très éloignées de leur domicile.

Pouvoir interrompre une grossesse quand on veut et où on veut n’est pas une liberté intangible. Des opinions et positions politiques de plus en plus tranchées en défaveur de l’avortement se font entendre. Tandis qu’il s’agissait dans les années 1990, lors de la diffusion de l’avortement médicamenteux (RU 486) de critiquer les conditions d’accès à l’IVG dans la crainte de sa banalisation, désormais, les mouvements sociaux, idéologiques
et politiques s’attaquent à nouveau au droit à l’IVG. Ces revendications sont portées par des paroles publiques, dénonçant l’avortement comme un crime. A l’instar des propos du Pape, qui se sont en quelques années considérablement durcis, on voit ainsi apparaître sur la scène mondiale une convergence de rhétoriques sur l’avortement émanant de personnalités politiques de premier plan (Bolsonaro, Trump,
etc.), des mouvements politiques d’extrême droite ou d’une majorité de mouvements protestants évangéliques, réassignant les femmes à leur fonction première, celle d’être mères, dans des contextes de crise économique.

En France, l’évolution est similaire, les logiques se rejoignent, sous-tenduespar des réactions corporatistes, par de la frilosité politique, ou encorepar des enjeux soit disantéthiques, cette convergence contribuant à la construction d’une par cularité du droit à l’IVG. C’est pourquoi le documentaire de Susana Arbizu, Henri Belin, Nicolas.
Drouet et Mickaël Foucault nous importe tant : il est plus que nécessaire, dans ce contexte, de faire entendre la parole de ces femmes, et de donner à voir comment, dans l’intimité de la construction de la décision d’avorter, en toute conscience, celle-ci se heurte encore et toujours aux injonctions sociales de se plier aux normes contraceptives et reproductives.

C’est pourquoi le Planning Familial (AD 71) a accepté d’animer ce débat autour du film : car c’est bien le rôle du Planning Familial,
entre autres, que d’exercer sa vigilance pour que le recours à l’avortement demeure un droit tangible sur le territoire, pour contribuer à lutter contre toutes formes de discriminations dans le respect des droits sexuels et reproductifs. Et dans sa forme même, en replaçant la parole des individus au coeur du dispositif documentaire, le film illustre l’une des valeurs défendues par le Planning Familial : mouvement d’éducation populaire, il entend permettre l’accès à l’information pour tous et toutes, à une éducation sexualisée sans préjugés.

 

 

 

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